{"id":272,"date":"2021-07-14T15:17:00","date_gmt":"2021-07-14T13:17:00","guid":{"rendered":"http:\/\/microfermedelaforet.be\/?p=272"},"modified":"2021-07-16T10:59:26","modified_gmt":"2021-07-16T08:59:26","slug":"episode-7-un-dimanche-en-famille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/2021\/07\/14\/episode-7-un-dimanche-en-famille\/","title":{"rendered":"Episode 7 &#8211; Un dimanche en famille"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Ou comment repiquer 300 plants de courges et de courgettes avec un bambin d&rsquo;un an et demi.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec le montage des serres, l&rsquo;installation des \u00e9tangs et la laryngite de Ben qui l&rsquo;a clou\u00e9 au lit pendant une semaine, il y a du boulot \u00e0 la ferme. Encore plus que d&rsquo;habitude. On est en retard. Sur le planning, sur la saison. Le boulot de mara\u00eecher, c&rsquo;est une course permanente contre le temps. Il faut anticiper en permanence &#8211; quand viendra la chaleur, pr\u00e9venir les pluies et les grands vents, pr\u00e9parer les planches \u00e0 temps pour y replanter les pousses pr\u00eates \u00e0 se d\u00e9ployer &#8211; et r\u00e9agir aux urgences &#8211; les temp\u00eates qui soufflent les serres, les nuisibles qui s&rsquo;en prennent soudainement \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9, les plants qui grandissent tout \u00e0 coup et qu&rsquo;il faut tutorer, replanter, soigner.<\/p>\n\n\n\n<p>Du coup, le dimanche n&rsquo;est jamais un jour de repos. Ben passe toujours jeter un oeil, arroser, ouvrir ou fermer les serres. Au minimum. Parfois, on y va \u00e0 trois avant une balade ou un rendez-vous familial. Parfois, quand il sait que \u00e7a ne lui prendra pas trop longtemps, il y va avec Ernest, notre petit gar\u00e7on d&rsquo;un an et demi, qui veut tout faire. Ernest arrose, ouvre la porte de la serre, r\u00e9colte (et mange) les petits pois, les carottes, les radis, les courgettes, les met dans les caisses. Et nous, on le regarde avec nos coeurs attendris de papa et de maman, fiers de le voir montrer tellement de bonne volont\u00e9. Parce que \u00e7a bosse, hein! Il ne s&rsquo;arr\u00eate pas, il fonce. Il met ses petites mains sur les poign\u00e9es de la brouette bien trop lourde pour lui en faisant des bruits de moteur. Il veut semer les graines de petits pois tellement vite qu&rsquo;on finit par renverser une partie du paquet &#8211; un plant tr\u00f4ne d\u00e9sormais fi\u00e8rement au milieu de l&rsquo;all\u00e9e, souvenir de cette journ\u00e9e. Il arrache les carottes les unes apr\u00e8s les autres, il tire et tire et ne s&rsquo;arr\u00eate pas devant un plant de brocoli encore en pleine croissance&#8230; Travailler avec la ferme avec lui demande donc une vigilance de tout instant!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;utopie, Morph\u00e9e et le Gremlins<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce dimanche-l\u00e0, il y a quelques semaines, vu notre retard, on s&rsquo;\u00e9tait dit qu&rsquo;on allait vraiment bosser \u00e0 trois \u00e0 la ferme. Il faisait beau et chaud. Ce serait une chouette journ\u00e9e, on mangerait un bout sur la table de pique-nique, Ernest ferait la sieste dans la caravane et on planterait quelques dizaines de courges et de courgettes (ou dans la t\u00eate de Ben: la totalit\u00e9 des 300 plants). Les emplacements \u00e9taient marqu\u00e9s, plus qu&rsquo;\u00e0 repiquer. Simple! Le programme d&rsquo;un dimanche idyllique en famille. Douce utopie de parents berc\u00e9s d&rsquo;illusions, aveugl\u00e9s par l&rsquo;amour pour leur enfant parfait&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la torpeur du dimanche matin et les pr\u00e9paratifs des valises de l&rsquo;enfant (repas, tenues de rechange, lit-parapluie), nous arrivons donc \u00e0 la ferme \u00e0 l&rsquo;heure du d\u00eener. Mangeons, donc! Et vite! Avant de griller l&rsquo;heure de la sieste et de passer du stade \u00ab\u00a0fatigu\u00e9\u00a0\u00bb au stade \u00ab\u00a0\u00e9puis\u00e9\u00a0\u00bb, avec mode Gremlins.<\/p>\n\n\n\n<p>On fait de la place dans la caravane, on installe le lit-parapluie, on change la couche, lit une histoire, fait un c\u00e2lin. Mais le petit Gremlins n&rsquo;aime pas son nouvel environnement. Cette chambre aux allures de maison, pleine de fen\u00eatres, au milieu de nulle part. Pourtant, nous travaillons juste sous ses fen\u00eatres. On tente, chacun \u00e0 notre tour, de le rassurer, de l&rsquo;apaiser, de lui vanter les vertus de Morph\u00e9e. Mais c&rsquo;est un \u00e9chec!<\/p>\n\n\n\n<p>On rhabille le petit monstre, le couvre de cr\u00e8me solaire, le coiffe de sa casquette Bugs Bunny. Et c&rsquo;est parti. On lui propose ses jouets \u00e0 lui, les outils de jardinage, les doudous, le tracteur. Mais non, ce qu&rsquo;il veut, c&rsquo;est planter les vrais l\u00e9gumes avec les vrais outils pour de vrai. Alors, on lui montre, comment faire le trou, poser la plante, refermer la terre. Alors, fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame, il fonce. Il court dans tous les sens, tient les mottes de terre avec la d\u00e9licatesse d&rsquo;un enfant de son \u00e2ge, marche dessus. Le coeur de Ben s&rsquo;arr\u00eate: chaque plant repr\u00e9sente des jours de travail, de soins et d&rsquo;attention.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vivre avec la ferme<\/h3>\n\n\n\n<p>Pause. On reprend. On lui r\u00e9explique, lui apprend comment tenir la motte avec ses deux petites mains, lui cherche un r\u00f4le. Il sera celui qui place la plante dans le trou creus\u00e9 par nos soins. Et il remplit sa t\u00e2che \u00e0 merveille. Il va super vite, ce qui nous pousse nous \u00e0 creuser et reboucher plus vite encore. On avance bien. Mais le petit chat est fatigu\u00e9. On retente une sieste. Nouvelle temp\u00eate d&rsquo;\u00e9motions. Nouvel \u00e9chec. Il n&rsquo;en d\u00e9mord pas: il veut travailler avec nous.<\/p>\n\n\n\n<p>La ferme est n\u00e9e en m\u00eame temps qu&rsquo;Ernest. Elle est le mode de vie qu&rsquo;on voulait pour notre famille, il est la raison de cet engagement. Ben a acquis le terrain le mois de sa naissance. Au printemps suivant, nous allions tous les trois pailler et tendre les b\u00e2ches sur la zone qui serait notre premier espace de culture, au milieu de cette verte et vaste prairie. Ernest a quatre mois et demi. Il dort, emmitoufl\u00e9 dans son si\u00e8ge auto. Plus tard, quand on commencera les march\u00e9s, ce sera \u00e0 trois aussi. Ernest a huit mois. Il partage son temps entre le porte-b\u00e9b\u00e9 et la poussette. Et d\u00e9sormais, il est l\u00e0 tous les samedis matins avant la sieste (\u00e0 la maison). Il passe faire un bisou \u00e0 son papa apr\u00e8s la cr\u00e8che quand la soir\u00e9e d&rsquo;\u00e9t\u00e9 s&rsquo;annonce longue pour Ben, quand il faut travailler dans la serre par 30\u00b0C et qu&rsquo;il vaut mieux attendre le soir, quand il y a trop choses \u00e0 faire dans une journ\u00e9e, quand il faut r\u00e9colter pour vendre le lendemain. Il fait visiter aux tontons et tatas qui passent par l\u00e0 le week-end. Il y boit son bibi du soir pendant qu&rsquo;on installe la table \u00e0 semis en urgence apr\u00e8s le larcin de graines organis\u00e9 par des rongeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, je me demande si ce n&rsquo;est pas trop pour lui, quand il est fatigu\u00e9 et ronchon, quand, quelques fois, on reste pass\u00e9 l&rsquo;heure du coucher, quand on l&#8217;embarque une fois de plus en voiture. Et puis, je vois ce que c&rsquo;est la ferme, pour lui. Il hurle \u00ab\u00a0Papaaa\u00a0\u00bb d\u00e8s qu&rsquo;on approche du terrain agricole. Il refuse cat\u00e9goriquement de rentrer \u00e0 la maison apr\u00e8s un pique-nique en famille ou entre amis ou une journ\u00e9e b\u00e9n\u00e9vole. Il met les mains dans la terre, grignote les petits pois, marche dans les all\u00e9es, arrose les semis, salue les clients, trouve des cailloux, transporte des bouts de bois. Et quand son papa lui propose d&rsquo;aller faire un tour \u00e0 la ferme, il fait oui de la t\u00eate et lui tend ses bottes. Parce que ce qu&rsquo;il aime par dessus tout, c&rsquo;est de faire comme papa et avec papa.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;heure du go\u00fbter, on se pose dans l&rsquo;herbe, on d\u00e9guste des petits g\u00e2teaux, on boit de l&rsquo;eau, on fait un c\u00e2lin. Ernest nous escalade et joue avec nos chapeaux. On reprend le travail. On repique courges et courgettes pendant qu&rsquo;il d\u00e9cortique les glands des ch\u00eanes du bois tomb\u00e9s sur la parcelle et les empile dans son tracteur. La journ\u00e9e se finit en douceur. Il est 18 heures. Notre petit gar\u00e7on est \u00e9puis\u00e9. Pour une fois, quand je lui dis qu&rsquo;on va rentrer, il n&rsquo;oppose pas de r\u00e9sistance. Il me laisse porter son petit corps lourd dans l&rsquo;auto et s&rsquo;endort avant m\u00eame que la voiture n&rsquo;entre dans le village de Sor\u00e9e, bouche ouverte, casquette \u00e0 l&rsquo;envers sur la t\u00eate. On aura planter trois lignes de courges. Ben continuera encore un peu sans nous. On est bien loin des 300 plants et de la m\u00e9ga journ\u00e9e productive qu&rsquo;on s&rsquo;\u00e9tait imagin\u00e9e. Mais c&rsquo;est s\u00fbr, entre le pique-nique, la cr\u00e8me solaire, les g\u00e2teaux dans l&rsquo;herbe, les c\u00e2lins \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition au milieu des siestes manqu\u00e9es, le travail \u00e0 la cha\u00eene avec notre petit gar\u00e7on qui en marque la cadence, c&rsquo;\u00e9tait une tr\u00e8s belle journ\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ou comment repiquer 300 plants de courges et de courgettes avec un bambin d&rsquo;un an et demi. Avec le montage des serres, l&rsquo;installation des \u00e9tangs et la laryngite de Ben qui l&rsquo;a clou\u00e9 au lit pendant une semaine, il y a du boulot \u00e0 la ferme. Encore plus que d&rsquo;habitude. On est en retard. Sur le planning, sur la saison. Le boulot de mara\u00eecher, c&rsquo;est une course permanente contre le temps. Il faut anticiper en permanence &#8211; quand viendra la&#8230;<\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/2021\/07\/14\/episode-7-un-dimanche-en-famille\/\">Lire la suite<span class=\"screen-reader-text\"> Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":334,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16],"tags":[45,69,22],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/272"}],"collection":[{"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=272"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/272\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":337,"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/272\/revisions\/337"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/334"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=272"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=272"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/microfermedelaforet.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=272"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}